Vaisselle japonaise du Nouvel An : des motifs porte-bonheur pour bien commencer l'année

Au Japon, le Nouvel An — Shogatsu — est la fête la plus importante de l'année. On fait le grand ménage, la famille se réunit, et les premiers jours de janvier se célèbrent autour de mets de fête servis dans la plus belle vaisselle de la maison. Les motifs choisis pour l'occasion sont rarement purement décoratifs : chacun porte un vœu pour l'année à venir, qu'il s'agisse de longévité, de prospérité ou d'un heureux nouveau départ.
Ce guide présente les motifs porte-bonheur que l'on retrouve souvent sur la vaisselle japonaise du Nouvel An — la daurade, le rouge et blanc, les fleurs de prunier et le mont Fuji — ainsi que des pièces des grands fours du Japon qui les arborent.
Shogatsu : le Nouvel An japonais et sa vaisselle

Grue, pin, bambou et prunier sur une assiette décorative du four Fujii Kinsai.
Au cœur de la table du Nouvel An se trouve l'osechi ryori, un assortiment de plats préparés à l'avance et disposés dans des boîtes laquées à étages. Beaucoup de ces plats expriment un vœu par leur nom, leur forme ou leur couleur. La daurade, tai, est très appréciée lors des fêtes, car son nom fait écho à medetai — « joyeux » ou « de bon augure » — et sa peau rouge est en soi une couleur de fête.
La paire d'assiettes à la daurade du four Kajiken est rehaussée d'or et de platine ; leur taille convient aux accompagnements ou aux douceurs, et elles sont livrées dans une boîte en paulownia. Sur l'assiette décorative du four Fujii Kinsai, deux grues se tiennent parmi le pin, le bambou et le prunier — le shochikubai, les « trois amis de l'hiver ». Le pin, toujours vert, symbolise la longévité ; le bambou, la force de ce qui ploie sous la neige sans se rompre ; et le prunier, qui fleurit en hiver, la vitalité. Le pin et le bambou composent aussi le kadomatsu, placé à l'entrée des maisons pour le Nouvel An. La grue, dont on dit qu'elle vit mille ans, est un symbole de longévité ; ici, ses plumes brillent d'or et de platine. Comme toutes les assiettes décoratives que nous proposons, elle est entièrement peinte à la main, sans décalcomanie.
Le rouge et le blanc : les couleurs de la fête

Kohaku Housai du four Shinemon : une coupe rouge shinsha et une coupe en tenmoku blanc.
Le rouge et le blanc — kohaku — sont au Japon les couleurs de la fête. On les retrouve sur les cordons qui nouent les enveloppes de cadeau, sur le gâteau de poisson rouge et blanc de la boîte d'osechi, et jusque dans le nom du Kohaku Uta Gassen, le concours de chant entre une équipe rouge et une équipe blanche que de nombreuses familles regardent le soir de la Saint-Sylvestre. Une paire de pièces en rouge et blanc est donc un cadeau tout trouvé pour la saison.
Le Kohaku Housai du four Shinemon associe la coupe Hananohikari, émaillée d'un rouge shinsha (cinabre) profond et ardent, à la coupe Shiro Tenmoku d'un blanc pur, sur laquelle des cristaux affleurent de l'émail comme des gouttes d'eau ou des joyaux. Les bords sont rehaussés d'or, et la paire convient aux grandes occasions comme les mariages ou les anniversaires de longévité. Les bols à riz meoto du four Gagyu — une paire « mari et femme » — réunissent le rouge et le blanc avec plus de douceur : prunier rouge sur un bol, prunier blanc sur l'autre.
Les fleurs de prunier : la première fleur de l'année

Prunier rouge et prunier blanc sur les tasses à thé yunomi du four Gagyu.
Bien avant les cerisiers, le prunier fleurit dans le froid de la fin de l'hiver, parfois alors que la neige couvre encore ses branches. Au Japon, on dit qu'il est la première de toutes les fleurs à annoncer le printemps ; et comme le Nouvel An était autrefois célébré au début du printemps, les vœux de Nouvel An parlent aujourd'hui encore d'un « nouveau printemps ». Le prunier rouge et le prunier blanc réunis sont un motif classique des célébrations.
Le four Gagyu pratique la porcelaine d'Utsutsugawa, réputée pour ses parois fines et ses coups de pinceau hakeme fluides posés sur une argile brune, et désignée bien culturel immatériel de la préfecture de Nagasaki. Sur ces pièces, les branches de prunier ne sont pas représentées en pleine floraison : boutons et fleurs à demi ouvertes évoquent un arbre qui reprend vie après la rigueur de l'hiver, et chaque pièce d'une paire est peinte de façon légèrement différente. L'ensemble mutsuzoroi réunit une paire de bols à riz et une paire de tasses à thé yunomi. (En savoir plus sur le four Gagyu.)
Le mont Fuji et le premier rêve de l'année

Le mont Fuji et des fleurs de cerisier en or et platine, par le four Fujii Kinsai.
On dit que le premier rêve du Nouvel An, le hatsuyume, annonce l'année à venir. Le rêve le plus chanceux de tous se résume en un vieux dicton : ichi-Fuji, ni-taka, san-nasubi — « d'abord le mont Fuji, ensuite un faucon, enfin une aubergine ». Une explication répandue y voit un jeu de mots : le Fuji est la plus haute montagne du Japon, taka signifie aussi « haut », et nasu sonne comme un mot qui veut dire « atteindre ses objectifs ». Le mont Fuji est depuis longtemps une montagne sacrée et un sujet de bon augure très prisé dans l'art japonais.
Myojo Fuji est une œuvre en céramique encadrée, réalisée pour JTOPIA par le four Shinemon : le mont Fuji y est dessiné à l'émail sur un tenmoku noir de jais, avec des émaux propres à l'artiste, comme le shinsha. Shinemon a rarement représenté le mont Fuji, à l'exception d'une période durant laquelle il a créé des œuvres sur le Fuji avec une intensité remarquable. Les coupes du four Fujii Kinsai montrent le Fuji et des fleurs de cerisier en platine et en or sur un fond d'écailles brillantes et mates, et se prêtent aussi bien au vin qu'au saké.
D'autres pièces de bon augure
Des nuages de dragon rouges qui s'étirent sur un fond de tenmoku noir de jais — signe d'une fortune ascendante ; des fleurs de prunier violet pâle et indigo aux branches dorées, la fleur qui marque le commencement des choses ; et une tasse à café ornée de prunier rouge sur un hakeme fluide, pour les premiers matins paisibles de l'année.














